Récit autobiographique
" Lorsqu'un islamiste m'a sauvé la vie !. L'été dernier j'étais en bord de mer sur la côte de Jijel. L'une des plus belles côtes d'Algérie. Je prenais le soleil en bord de mer. J'aime le soleil et la mer de mon pays. J'aime aussi tous les Algeriens de ce pays dans leur mosaïque chatoyante. Je prenais le soleil avec mon maillot de bain. C'était pas encore le début de la saison estivale. Quand tout d'un coup je voyais au loin 3 jeunes appeler à l'aide. Ils semblaient se noyer. Il n y avait personne pour leur venir en aide. La plage était déserte. J'ai plongé pour tenter de les sauver. J'ai réussi à en sauver deux d'entre eux. Le troisième.....est malheureusement décédé. Quand j'ai tenté de regagner la terre ferme. Je n'ai pas pu. Il y avait une sorte de courant qui malgré la nage en contre sens m'emmenait au loin. Je commençais à être épuisée de nager à contre sens. J'ai compris que c'était la fin. Je pensais à ma courte vie. Vous savez quand vous réalisez que c'est la fin vous pensez à toutes les personnes que vous aimez et qui vous ont aimé. J'ai pensé à mes enfants et j'étais entrain de me dire que j'espérais que mes parents sauront leur donner l'amour nécessaire. Que ma mère saurait ressentir qu'ils ont de la fièvre rien qu'à regarder ce regard un peu larmoyant. Je me disais est ce qu'il y aura quelqu'un qui saura les écouter quand ils auront besoin de se confier quand ils auront besoin de le faire comme je l'ai toujours fait. En quelques secondes bien des choses me passaient par là tête. Se dire qu'on va mourir vous accélère la pensée. Je me disais que je suis triste pour mes parents de leur imposer un tel chagrin. Je ne pouvais plus nager à contre courant. Je pensais à ces parents qui avaient eu à subir un enfant comme j'ai pu l'être. Au chagrin qu'ils allaient ressentir aussi. Que je n'avais pas eu le temps de leur dire à quel point j'ai pu les aimer. A quel point ma mère fut pour moi un rocher et à quel point mon père fut pour moi un ami. Quand tout d'un coup ! Un homme venu de nul part. De sa longue barbe m'a pris la main alors que j'étais entrain de saluer ma fin de vie. Quand il m'a pris la main et m'a dit : ma sœur ! On va s'en sortir ! Il m'a pris la main et m'a demandé de nager en même temps que lui. Il était conservateur islamiste j'étais croyante mais de mes convictions vêtues. Il m'a dit nage ! On va s'en sortir. Ma sœur nage !. Je lui ai pris la main. On a nagé ensemble. Il était de sa barbe islamiste vêtue j'étais de mon maillot de bain vêtue. On a nagé ensemble. Il m'a sauvé la vie. Pendant que je nageais je me souvenais du mouvement Barakat. De ces féministes libérées et de ces conservateurs militants ou tous ensemble nous voulions sauver l'Algérie. Je me disais que c'était possible de penser à la vie quelque soit nos convictions et de sauver l'Algérie quelque soit nos sensibilités car après tout l'amour que nous nous portions transcendait nos différences. Je me disais on a peut être eu raison. Car il a fini par me déposer sur la terre ferme. Que j'avais réussi à sauver deux personnes sur 3 car il y avait eu une victime mais que j'ai été aussi sauvée par celui que j'aurais pu juger autrement. Non......il ne faut pas juger les gens sur les apparences. Nous sommes la mosaïque qui réussira un jour à sauver ce pays de la noyade. A cet inconnu de Jijel je dis aujourd'hui. Merci mon frère ! De me permettre encore de profiter de la vie !." A.B
Algériennes, Algériens du Monde, à nous de dire dans quelle Algérie nous voulons vivre, à nous de choisir, à nous d’agir ! Club des Benflissistes
